Après l'agitation de l'Inde, l'arrivée au Népal fut comme un changement de monde. Avec mon ami, nous découvrons Katmandou, ses rues, ses enfants, ses femmes et ses hommes vivant au rythme d'une vie encore très rurale.
Ce qui me frappe, c'est une existence façonnée par la montagne, où l'effort physique et les difficultés du quotidien occupent une place importante. Porter, pousser, transporter, gravir : l'effort est partout. Ces hommes et ces femmes ont grandi dans ces conditions ; elles font partie de leur vie depuis toujours. Sans que la fatigue et l'inconfort leur soient étrangers, ils semblent prendre les choses comme elles viennent, avec une simplicité qui nous interpelle.
Je suis également frappé par la solidarité qui se dégage de ces scènes ordinaires. Face aux difficultés, les efforts se conjuguent, les corps agissent ensemble. Il y a là une forme de cohésion qui contraste avec notre individualisme occidental, comme si plusieurs corps pouvaient agir d'un même cœur.
Cette culture de l'effort et de l'entraide évoque celle des Sherpas qui, dans les années 1980, accompagnaient les alpinistes occidentaux sur les hautes montagnes de l'Himalaya.
Pendant deux semaines, à Katmandou et dans ses environs, nous découvrons ainsi un quotidien souvent rude, mais qui nous semble étonnamment paisible. C'était le Népal de 1977, un monde qui a depuis profondément changé, et dont ces photographies gardent la trace.




















































