Premier grand voyage, premier grand reportage. À 23 ans, avec un ami du même âge, je découvre l'Inde. Varanasi, Calcutta, les rues, les ghats, les trains bondés — un pays saisi à hauteur d'homme, dans la proximité et le mouvement de la rue.
L'Inde nous apparaît alors comme un monde foisonnant, coloré, bruyant, parfois fascinant, parfois éprouvant. La foule, les odeurs, les scènes de vie et la misère omniprésente nous confrontent à une réalité très éloignée de tout ce que nous avions connu jusqu'alors.
Ce qui frappe le plus, c'est cette pauvreté vécue depuis toujours, depuis la naissance, par des gens qui n'ont jamais connu autre chose — et l'humilité avec laquelle beaucoup, même très âgés, semblent accepter une vie si dure, presque comme une résignation positive, sans jalousie ni regard sur la fortune du voisin. Cette existence réduite à l'essentiel — obtenir sa propre pitance, celle des siens — pousse certains vers un repli sur soi, indifférents au sort d'autrui ; d'autres, au contraire, vers une solidarité désarmante. Un même phénomène, observable partout dans le monde, mais que l'Inde révèle avec une intensité particulière.
Après quelques jours, nous décidons de quitter cette agitation et de poursuivre notre voyage vers le Népal.





































































